24 Novembre 2025
Il est simple mais compliqué, populaire mais raffiné, élégant et opulent, mystérieux et secret comme une recette de grand-mère qu’on a oubliée au grenier, et surtout, il a connu la pire des humiliations : l’ère industrielle.
Lui, c’est le pâté en croûte.
Transformé en maquette de charcuterie sous cellophane, croûte ramollie, farce rose bonbon fluo à faire pâlir Barbie, le pauvre pâté est en train de vivre des années de galère. On peut le voir traîner, raplapla, boudiné dans un emballage de Noël, tristement aligné dans les rayons frais des supermarchés, entre le surimi et le jambon reconstitué.
Aujourd’hui, le pâté en croûte fait sa renaissance gourmande. Oubliée son image ringarde, balayée l’étiquette bas de gamme. Des artisans passionnés et têtus comme des mules l’ont remis sur son piédestal et il nous revient plus beau, plus noble, plus savoureux que jamais. Bref, le pâté en croûte a prouvé qu’il en avait… sous la croûte. Il y a même un Championnat de Monde à Lyon, vous vous rendez compte !
/image/3215825/20250923/ob_0e276e_champion-du-monde.jpg)
Pour en revenir à « autrefois », c’était une affaire de boulangers et surtout de pâtissiers. Les cuisiniers, eux, n’avaient pas toujours de four sous la main. Ils préparaient la farce, et les pâtissiers s’occupaient de la croûte. Une croûte rustique, béton armé, qu’on ne mangeait même pas : juste un blindage pour protéger la viande des flammes. À base d’eau et de farine, elle devenait si dure qu’on aurait pu bâtir une cathédrale avec.
Aujourd’hui, c’est tout l’inverse : la pâte est reine. Fine, fondante, craquante, elle emprisonne les saveurs, s’enivre des fumets, se gorge des sucs et des jus, et se déguste avec autant de plaisir que la farce. Le pâté en croûte est passé du rôle de simple emballage à celui de star du plat, de la chemise de travail à la redingote de gala.
Bref, assez de bavardage, passons de la théorie aux actes. La recette de la pâte qui va suivre est particulière car elle contient une partie de fécule de maïs en remplacement de la farine. Celle-ci sert à alléger la pâte, à la rendre plus friable et croquante, tout en lui donnant une meilleure tenue lors du montage, de la cuisson et du tranchage. Car il faut l’avouer, le beau pâté une fois terminé, le trancher est une autre histoire, une histoire de gouttes de sueur sur le front et de chemises mouillées. Avec cette pâte, que nenni, un jeu d’enfant. Vous m'en direz des nouvelles, pour autant que les champignons ne fussent vénéneux...
Pour la farce, vous devriez vous en sortir les doigts dans le nez, non peut-être pas, ce n’est pas très propre, je dirais plus facilement. Les champignons séchés pourront être remplacés par des frais mais je vous conseille les séchés car autrement plus gouteux.
Et pour terminer, il est essentiel d'être patient et de respecter les temps de repos, faire la pâte la veille, la confection et la cuisson du pâté le lendemain et le démoulage et remplissage de la gelée le surlendemain. Même le tranchage le jour suivant ne vous apportera que du bonheur. Bonne réussite !
Recette pour un moule de 25 x 10 x 7 cm ou 30 x 8 x 8, pour 8 à 10 personnes en entrée
Ingrédients pour la pâte à foncer, à faire la veille
90 g d’eau
10 g de vinaigre de vin blanc
1 œuf (55 g)
12 g de sel
4 g de sucre
300 g de beurre
350 g de farine blanche (type 55)
175 g de fécule de maïs
40 g de beurre pour graisser le moule
1 jaune d’œuf pour dorer
/image/3215825/20250923/ob_611747_pate-croute-au-vin-jaune-2082.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_6e810d_pate-croute-au-vin-jaune-2083.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_10ec0e_pate-croute-au-vin-jaune-2084.jpg)
Ingrédients pour le hachis de champignons
70 g de champignons séchés, à choix (cornes d’abondance, champignons de Paris, bolets porcini, etc.)
ou alors un choix de champignons frais
1 à 2 échalotes
1 gousse d’ail
1 dl de crème
/image/3215825/20250923/ob_e57a86_pate-croute-champignons-3353.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_f00d42_pate-croute-champignons-3350.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_deec53_pate-croute-champignons-3351.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_d75032_pate-croute-champignons-3354.jpg)
Ingrédients pour la panade
50 g de mie de pain
50 g de crème pasteurisée à 35 %
Ingrédients pour la farce
200 g de foie de volaille
1 petit verre de Cognac
1 trait de vinaigre de framboise
Sel et poivre
350 g de poitrine de porc fraîche, non salée
350 g de viande de porc, épaule ou échine
250 g de hachis de champignons
40 g de pistaches crues
1 œuf
10 g de sel de cuisine (ou éventuellement nitrité pour la couleur)
2 g poivre noir du moulin
½ g de 4-épices
/image/3215825/20250923/ob_c6d80a_pate-croute-champignons-3346.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_ff4fce_pate-croute-champignons-3347.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_85e2b7_pate-croute-champignons-3349.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_4bc370_pate-croute-champignons-3357.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_b88b23_pate-croute-champignons-3358.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_bbc141_pate-croute-champignons-3360.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_f8fad6_pate-croute-champignons-3362.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_be2126_pate-croute-champignons-3363.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_c22b71_pate-croute-champignons-3364.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_125b50_pate-croute-champignons-3365.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_873eb9_pate-croute-champignons-3366.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_ee51dd_pate-croute-champignons-3367.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_4209ce_pate-croute-champignons-3369.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_17f218_pate-croute-champignons-3370.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_f7bc74_pate-croute-champignons-3372.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_3f2aac_pate-croute-champignons-3371.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_b14287_pate-croute-champignons-3373.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_f58d4f_pate-croute-champignons-3374.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_4fa9b4_pate-croute-champignons-3375.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_c16b6a_pate-croute-champignons-3377.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_4b0ec3_pate-croute-champignons-3378.jpg)
/image/3215825/20250923/ob_223fd1_pate-croute-champignons-3380.jpg)